Alors que le Salon de l’Agriculture réouvrira ses portes pour la première fois depuis la crise sanitaire, un sondage OpinionWay pour Terre et Humanisme[1] met en lumière les attentes de la population française en termes de modèle agricole et de pratiques de culture individuelles. Bien qu’encore méconnue par certains, l’agroécologie apparaît comme un modèle adapté aux désirs de changement.

[1] Réalisé auprès d’un échantillon de 1027 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus en janvier 2022

Remise en contexte : qu’est-ce que l’agroécologie ?

L’agroécologie est une discipline visant à promouvoir des systèmes alimentaires viables, respectueux des hommes et de leur environnement. Les systèmes de production qui s’en réclament s’appuient sur la diversité biologique et les processus naturels (cycles de l’azote, du carbone, de l’eau, équilibres biologiques entre organismes ravageurs et auxiliaires des cultures…) et valorisent le potentiel écologique, économique et social des territoires.

Encore récent en France, le concept se présente comme une alternative au modèle d’agriculture intensive basé sur l’usage d’intrants de synthèse (engrais, pesticides…) et d’énergies fossiles, dont la pérennité est remise en question.

Le conventionnel remis en cause, l’agroécologie comme levier de progrès

Engagée depuis 25 ans en faveur d’une agriculture écologique, humaine et solidaire, Terre et Humanisme a souhaité évaluer la perception générale des Français vis-à-vis de l’agriculture conventionnelle, des modes de cultures alternatifs personnels, et des pratiques agroécologiques.

Perception du système agricole actuel

Le modèle d’agriculture conventionnelle reste actuellement majoritaire en France (seules 10% des exploitations répondent aux critères de l’agriculture biologique – Agence Bio, chiffres de juillet 2020). Or, la quasi-totalité (92%) des sondés souhaite que le modèle évolue, notamment pour faire face aux défis de la revalorisation du métier d’agriculteur (pour 83% des répondants) ou de leur rémunération (70%), de la relocalisation de la vente et de la production (57%) et du développement d’une culture sans intrants chimiques ou pesticide (56%).  Pour faire évoluer les pratiques agricoles, l’interdiction des intrants chimiques la formation des agriculteurs aux techniques agroécologiques sont citées en premier lieu (52%), les solutions d’encadrement des prix agricoles et les subventions n’étant évoquées qu’ensuite.

Rapport personnel aux modes de culture personnels

Les modes de culture personnels dits « alternatifs », car hors des circuits de commercialisation, occupent une place plus importante qu’on ne pourrait le croire. 45% des Français consomment actuellement des produits issus de leur potager ou de celui d’un de leur proche, avec une légère surreprésentation au sein des populations rurales (60% contre 41% des citadins des agglomérations de + de 100 000 habitants et 32% des Franciliens). Les Français reconnaissent les bénéfices de posséder un potager, à la fois pour son aspect éducatif (95%), pour l’origine, le goût et la naturalité des produits (94%) et les avantages économiques et sociaux associés. Ils sont 60% à avoir ou souhaiter cultiver un potager et sont sensibles aux pratiques agroécologiques, notamment dans ce cadre.
Pour la pratique personnelle, l’adoption de principes agroécologiques est jugée favorablement : la suppression des intrants chimiques et des pesticides par 88% des sondés, la pratique du paillage par 85% et la production de compost à partir des déchets de cuisine par 84%. Pour autant, un besoin de formation se fait sentir afin de cultiver en interaction avec la nature.

Perception de l’agroécologie

L’agroécologie est encore un sujet de niche en France. 47% des sondés déclarent ne pas connaître le concept et près des trois quarts se déclarent mal informés sur le sujet. Une fois expliquée, elle recueille des opinions favorables, qui croissent avec le niveau d’information des sondés.

L’agroécologie est reconnue pour sa capacité à assurer une alimentation plus saine, ses avantages économiques ou ses atouts face au changement climatique. Mieux encore, elle apparaît pour la majorité comme une clé pour revaloriser le métier de paysan. Perçue comme alternative au modèle actuel d’agriculture, les Français estiment qu’elle devrait davantage être soutenue par les pouvoirs publics.

Autre enseignement de l’étude : désireux de s’approprier des techniques à développer chez soi, les Français se disent intéressés pour bénéficier d’informations, de formations ou animations sur les pratiques agroécologiques à mettre en oeuvre à leur échelle (alimentation saine, compost, pratiques au sein du potager), à domicile ou au sein de jardins urbains ou partagés, en plein essor en zones urbaines.

L’intégralité des résultats de l’étude, sa synthèse et une infographie sont disponibles sur le site de Terre et Humanisme.

 

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