Parue en octobre 2021, l’étude Kantar/Semae « Les Français au potager : entre pratiques récréatives et désir de nature » (réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population française[1]) dessine une cartographie contemporaine des pratiques de jardinage dans l’Hexagone.

Son éclairage sur les motivations met en évidence un désir de reconnexion à la nature, partagé par une majorité d’interrogés, et une curiosité pour des pratiques de jardinage naturel, respectueuses des impératifs de transition écologique.

[1] 1002 interviews d’individus représentatifs des résidents français âgés de 18 ans et plus, qui habitent dans une maison et cultivent un potager. Recueil en ligne, terrain du 18 au 25 mai 2021.

Une pratique ludique, nourricière et engageante

Pour l’ensemble des interrogés, la culture du potager représente un héritage familial. Elle permet, avant tout, de se procurer des légumes frais, riches en goût et naturels (pour 98% des répondants).

On ne jardine néanmoins pas uniquement pour se nourrir : pour 92% des répondants, la culture du potager est avant tout un plaisir. Elle représente aussi un moyen de se reconnecter avec la nature (90%) et offre la possibilité de s’engager en faveur de l’environnement (77%).

Une volonté d’enrichir ses savoir-faire

Si la majorité des jardiniers considère avoir des connaissances générales sur la culture d’un potager (et maîtrisent des activités comme l’arrosage, le semis ou la récolte), certaines compétences leur restent moins accessibles. La lutte contre les maladies et parasites est considérée comme difficile pour 73% des répondants, qui considèrent avoir besoin d’accompagnement en la matière.

Curieux par essence, 73% des jardiniers souhaitent en apprendre davantage. Pour acquérir des connaissances, ils se tournent à la fois vers le digital (tutos et vidéos de professionnels) et des rencontres au niveau local (amateurs, experts ou professionnels). Ils plébiscitent les sujets associés au jardinage naturel : récupération de l’eau de pluie (pour 70% des répondants), compostage maison (67%), rotation des cultures (38%)…

 

6 grandes catégories de jardiniers en France

En composant six grandes catégories de jardiniers (en fonction du niveau d’expertise ressenti, du rôle du potager au quotidien, de l’ancienneté des pratiques…), l’étude fournit enfin des clés pour comprendre l’évolution des tendances et les besoins d’apprentissage. On comptera ainsi :

  • 26 % de « jardiniers débutants » : plutôt urbains, ces nouveaux convertis (depuis moins de 5 ans) sont les plus nombreux mais également les moins investis du panel. Les critères environnementaux sont importants mais non déterminants dans leur passage à l’acte : 52% déclarent jardiner par engagement écologique (contre 77% dans le panel global). Ils ont besoin d’être accompagnés (sur les techniques de gestion de la culture, pour lutter contre les maladies et parasites, l’adaptation aux conditions locales…) et, pour 54%, se disent soucieux d’en apprendre davantage.
  • 23% de « jardiniers en devenir » : ils sont deuxièmes en nombre, également plutôt urbains. La majorité cultive un potager depuis moins de 10 ans, à la fois par plaisir et par utilité. Pour 95% d’entre eux, le jardinage est un moyen de rester en contact avec la nature et de concrétiser un engagement écologique. 9 « jardiniers en devenir » sur 10 déclarent avoir envie d’en apprendre davantage.
  • 16% de « jardiniers producteurs » : expérimentés (7 sur 10 cultivent un potager depuis 10 ans ou plus), ils sont souvent ruraux et plus nombreux à posséder une grande superficie de potager. Plus de la moitié se considère bon connaisseur voire expert en techniques de gestion des cultures. Si la dimension utilitaire et nourricière du potager est fondamentale, l’engagement écologique est néanmoins important pour 60% des répondants de cette catégorie.
  • 13% de jardiniers engagés, dont 100% jardinent pour rester en contact avec la nature et 97% par engagement écologique. Ils veillent à ce que leur consommation soit la plus respectueuse de l’environnement possible. Expérimentés (la moitié cultive un potager depuis 10 ans ou plus), ils valorisent le partage et la dimension environnementale associés aux pratiques de jardinage. Leur pratique s’inscrit dans une démarche globale valorisant autonomie, sociabilité, proximité et cohérence avec ses valeurs. Très soucieux d’apprendre, ils s’intéressent aux diverses pratiques de culture et privilégient les échanges, notamment avec des associations locales.
  • 12% de « jardiniers passionnés » : également expérimentés (près de 6 sur 10 pratiquent depuis 10 ans ou plus), ils pratiquent par plaisir et passion et, pour 99% d’entre eux, pour rester en contact avec la nature.
  • 10% de « jardiniers traditionnels » :  pour 90% d’entre eux, la culture du potager s’inscrit dans une histoire familiale. Ils sont convaincus de ses bénéfices, tant utilitaires qu’en matière de bien-être. Cette catégorie est la plus expérimentée du panel (8 sur 10 cultivent un potager depuis 10 ans ou plus). La dimension sociale du jardinage est forte dans cette dernière catégorie.

Une pratique à la fois dynamique et ancrée dans les traditions familiales

L’étude montre que le regain d’intérêt pour le jardin observé depuis le début de la crise sanitaire s’inscrit en réalité dans une dynamique plus vaste et plus ancienne.

Avec 49% de jardiniers débutants ou en devenir, et un attachement fort à sa pratique toutes catégories confondues, la culture du potager dispose ainsi de belles perspectives d’avenir.

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