En janvier 2021, la loi Labbé interdisait l’utilisation et le stockage des produits phytosanitaires de synthèse. Deux ans après son entrée en vigueur, la Société Nationale d’Horticulture de France et son pôle Jardiner Autrement ont mené l’enquête auprès des jardiniers amateurs. Objectif : connaître la perception de cette loi, mais aussi et surtout son impact sur les pratiques réelles.

L’étude en bref

L’étude de la SNHF se base sur un questionnaire ouvert à tous et mis en ligne sur le site d’information www.jardiner-autrement.fr du 28 mai au 4 octobre 2021.
L’enquête a reçu 2118 réponses, émanant de jardiniers majoritairement âgés de plus de 55 ans, possédant souvent un grand jardin privé (les pratiques en jardin partagé ou collectif concernant 12 % du corpus) et jardinant depuis plus de 10 ans. Leur répartition géographique correspond, à quelques variables près, à la répartition de la population française.

La campagne de recrutement ayant été effectuée auprès des réseaux de la SNHF, a entraîné une surreprésentation des professions horticoles, agricoles ou végétales, avec ¼ des répondants liés à ces filières ; un biais qui engendre certainement un meilleur niveau de connaissance global des bonnes et mauvaises pratiques en matière de jardinage.

Le niveau de connaissance de la loi et de ses enjeux

Deux ans après son entrée en vigueur, la loi Labbé est connue de 93% des répondants, et de 97% des personnes ayant fait des études en lien avec le végétal.  Les enquêtés étaient globalement déjà sensibilisés à l’impact de l’usage des pesticides avant 2019 ; 66% d’entre eux n’en utilisaient pas et 24% était dans une démarche de réduction. Seuls 7%, malgré un bon niveau d’information, y recouraient au jardin.

 

Les évolutions de pratiques en question

Les exigences liées à la loi Labbé n’ont pas atténué l’engagement écoresponsable de la majorité des répondants. Mieux encore, 91 % des jardiniers interrogés sont favorables aux évolutions réglementaires concernant les produits autorisés pour les jardiniers amateurs. Leur perception générale du jardin évolue avec la mise en œuvre de la loi, avec une meilleure acceptation des mauvaises herbes (37 %), de la perte de récolte (32 %) et des « nuisances » esthétiques (26 %). Leurs pratiques témoignent également d’une prise en compte des principes de jardinage naturel. Les rotations ou associations de cultures sont, de manière croissante, complétées par des techniques héritées de la permaculture telles que l’absence de travail ou aération du sol, le jardinage en lasagne ou la culture sur butte, le paillage et le recours au compost.

On note toutefois une persistance des usages chez certains utilisateurs, malgré le retrait de la vente des produits phytosanitaires aux particuliers. 5 % des 2118 jardiniers du corpus utilisent encore des pesticides en 2021, avant tout pour lutter contre les mauvaises herbes. Les enquêtés jardinant depuis plus de 10 ans sont ceux qui en utilisent significativement plus (20 %). 84% des jardiniers utilisateurs de pesticides disposent d’un stock personnel, ou recourent aux achats sur Internet (10%), à l’étranger (12%) ou auprès d’agriculteurs (9%).

Les axes de progrès

L’étude nous apprend que les solutions de biocontrôle, qui font appel à une connaissance fine du jardin et à des cycles de développement particuliers, restent encore trop peu connues et maîtrisées. Il est donc important de faire connaître leurs usages au-delà de cercles déjà sensibles aux problématiques environnementales. Cette pédagogie est cruciale pour permettre aux jardiniers de trouver des solutions adaptées à leurs besoins. Elle permettra d’éviter une tentation du repli vers des solutions bien rodées mais nocives pour le vivant.

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