La Fondation d’entreprise Rustica est engagée pour un jardinage naturel. Cette pratique est intéressante a plus d’un titre. Elle place le jardinier dans une position d’expérimentateur, remettant en question de nombreux a priori et aiguisant son regard sur le vivant. Elle implique par ailleurs une réappropriation des savoir-faire de nos ancêtres jardiniers, actualisés à l’aune des dernières recherches universitaires en agronomie.
Que l’on possède une simple jardinière ou un terrain à la campagne, un jardin d’agrément ou un potager, il est impératif de suivre quelques principes de base que nous vous présentons ici.

Avant de démarrer : observer et savoir se situer

Certains jardiniers recommandent d’observer un cycle de saison avant de mettre la main à la pâte. Une certitude : la situation géographique (inclinaison du terrain, exposition au soleil) et climatique (rigueur des hivers, fortes chaleurs, vents et intempéries) d’un terrain aura un impact direct sur la végétation. Il est donc primordial d’en tenir compte pour tout projet d’aménagement.

La nature des sols occupe une importance de taille : les végétaux vont y croître, prospérer… ou mourir si leur composition n’est pas adaptée à leurs besoins. Si le jardin est en pleine terre, il est donc important d’en comprendre la nature (argileuse, sableuse, limoneuse, humifère) avant de démarrer. On pourra également recenser les plantes indigènes pour privilégier des essences similaires dans son projet.

Des sols vivants

Le travail du sol doit, par la suite, être effectué dans le respect du vivant. Un enseignement hérité de la pédologie : cette discipline envisage le sol comme un ensemble complexe, fruit d’une lente évolution, auquel il faut apporter une attention particulière. Pour maintenir le sol en bonne santé, il est préférable de respecter quelques principes :

  • Avant tout et comme évoqué précédemment, connaître sa nature, en l’observant et en le faisant analyser.
  • L’amender avec des apports de compost ponctuels ou des engrais organiques d’origine animale. Ils amélioreront sa composition, couvriront les besoins des végétaux et encourageront la fertilité naturelle du sol.
  • Couvrir le sol avec du paillage, qui limite l’émergence des adventices et permet de maintenir un bon taux d’humidité – et donc d’économiser l’eau.
  • Peu le travailler : le labour traditionnel a pour inconvénient d’inverser les strates de terre et de perturber les micro-organismes vivant dans le sol. On lui préfèrera l’usage d’une aérabêche, qui permet de décompacter la terre sans la retourner.

Laisser faire la nature

Le jardinage naturel implique de revoir quelques critères esthétiques et de reconsidérer l’idée de propreté au jardin. Un exercice difficile pour les habitués de la tonte nette et de la pelouse parfaite, mais à fort impact sur la biodiversité. On recommandera :

  • De repousser la première tonte du printemps (les tontes trop précoces appauvrissent la flore des jardins) et d’adopter la tonte haute (6 à 8 cm), qui renforce l’enracinement du gazon. Les tontes rases, quant à elles, peuvent être nuisibles aux insectes.
  • De créer des espaces qui favorisent la biodiversité : coins de végétation dense, haies fleuries, mares ou rocailles, peuvent accueillir des animaux sauvages. On pourra également laisser un espace à l’état sauvage pour que la végétation spontanée y prospère.
  • De privilégier les tailles douces pour les végétaux, en tenant compte des saisons de nidification pour les haies (La LPO recommande de ne plus intervenir du 15 mars à la fin du mois de juillet afin d’attendre l’envol des derniers oisillons).

Prévenir plutôt que guérir, toujours sans chimie

Comme en médecine chinoise, c’est l’approche préventive des maladies ou des attaques de ravageur qu’il faudra privilégier. En voici les principes directeurs :

  • Varier les plantes cultivées. La multiplication des biotopes permet de limiter le contact des insectes parasites avec leurs cultures de prédilection, de multiplier le nombre d’insectes et autres animaux attirés par ces parasites et, in fine, d’obtenir un écosystème à l’équilibre.
  • Utiliser des associations de plantes répulsives (les plantes aromatiques, par exemple, peuvent protéger leurs voisines contre certains ravageurs), des pièges à phéromones ou mécaniques pour contenir la présence des insectes ravageurs.
  • Limiter les contagions en observant régulièrement le jardin et en éliminant les parties de plantes trop malades ou parasitées.

Si un problème s’installe, il conviendra de respecter le principe « zéro pesticide » : pas d’insecticides (ils tuent à la fois les ennemis des plantes et leurs auxiliaires), pas de fongicides (ils perturbent la biologie des sols) et pas d’herbicides (ils détruisent les végétaux sans discrimination et infiltrent les sols). On préfèrera l’emploi d’insecticides naturel ou l’emploi de méthodes de biocontrôle. Ces dernières sont basées sur l’utilisation de mécanismes naturels et sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que leur éradication.

Economiser ses  ressources

Adopter une approche « zéro intrant au jardin », c’est aussi :

  • S’interroger sur l’emploi d’une ressource indispensable à la vie des plantes : l’eau. On recommandera :
    • De privilégier des plantes peu gourmandes et des sujets jeunes, afin qu’ils s’acclimatent au régime de précipitations locales
    • D’installer un récupérateur d’eau de pluie (meilleure pour le jardin que l’eau du robinet, car exempte de chlore et de calcaire)
    • De pailler ses massifs pour y retenir l’humidité, comme évoqué précédemment
    • D’arroser, lorsque c’est nécessaire, le matin ou le soir pour limiter l’évaporation de l’eau.
  • Tirer parti des ressources en place : feuilles mortes, branches, ne sont des déchets que si l’on les considère comme tels. Ils peuvent être compostés et venir enrichir la terre et les végétaux. Les végétaux ligneux pourront quant à eux être broyés pour produire un paillage.

 

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