Début mars, notre équipe s’est rendue au cœur de la Bourgogne, pour assister au chantier de plantation de jardin-forêt financé par la Fondation.

 

2 mars, 10h au lieu-dit Les Taupins à Tannerre en Puisaye : une trentaine de personnes de tous âges, bénévoles et salariés, s’est donné rendez-vous au jardin ressource de l’association Le P.A.R.C. Celui-ci ouvre ses portes après une courte pause hivernale.

Dans ce territoire rural de Bourgogne, le P.A.R.C a réussi, en quelques années, à réunir plus de 200 adhérents. Constitués en groupes thématiques, ils se réunissent tous les mois pour expérimenter et se former. Tous partagent une volonté commune : mener des actions collectives pour favoriser une alimentation saine et locale.

Au programme de la journée : la plantation d’une soixantaine d’arbres et arbustes dans la partie « jardin-forêt» du site, suivie d’un repas préparé par 5 cuisiniers qui testeront la nouvelle cuisine mobile de l’association, qui  permettra de développer des animations « Du champ à l’assiette » avec des partenaires locaux.

Avant de procéder au chantier, Pauline Daviet, coordinatrice de l’association, nous propose une visite guidée : 

« Ce jardin de 3500 m2 nous a été prêté il y a cinq ans. Il est situé sur des limons de plateau, avec des sols gorgés d’eau tout l’hiver, mais très secs l’été. On y trouve aussi un micro-climat particulier car nous sommes entourés par les bois. Il y a peu d’air passant l’été et une vraie chape de chaleur. » L’aménagement tient compte de la topographie, mais aussi de l’histoire des lieux : « On a composé avec les éléments laissés par le précédent occupant : deux mares et des buttes construites avec la terre de récupération. On a progressivement fait évoluer les buttes, en cultivant des pommes de terre, en apportant de l’engrais vert, en décompactant… »

La serre passive
« C’est notre première création. Elle tire parti du nivellement hérité des buttes et de matériaux récupérés sur place ou ailleurs. La serre nous permet de faire nos semis plus tôt dans l’année et d’avoir des plantes qui ne supportent pas l’extérieur : elle est exposée plein Sud et bénéficie du soleil bas l’hiver. Son mur masse capte la chaleur le jour et la restitue la nuit, ce qui nous apporte des températures stables toute l’année. Sa toiture végétalisée donne de l’ombre l’été lorsque le soleil est haut, pour éviter que certains végétaux ne brûlent. »

L’espace semence
« Depuis l’an dernier, on a un espace dédié à une petite pépinière où notre groupe de jardiniers semenciers se forme et expérimentent. Les haies du jardin sont issues de boutures de plants que nous avions au départ, et complétées par des plants de groseilliers, cassissiers, etc. dans un souci de diversité génétique. »

La zone de friche
« On l’appelle « Ici on ne fait rien, et ça change tout ». L’espace était fauché jusqu’à il y a dix-huit mois mais nos bénévoles ont demandé à conserver un espace pour observer comment la flore se développe sans intervention.»

Les jardins de l’ombrière
« Dans le potager, on cultive des légumes distribués tous les mercredis aux adhérents. On expérimente aussi l’optimisation de l’espace et la résilience face au climat, avec une pergola qui permet de travailler à la fois sur sol et en hauteur. Au sol, on cultive des vivaces, soit petits fruits, soit autres (oignons rocamboles, artichauts…). Sous un pied sur deux, on a planté des vignes qui en poussant feront une toiture végétale, avec un feuillage dense seulement à partir de juin. Avant cela, la lumière passe et permet à la terre de se réchauffer. En plein été, le feuillage protège les cultures d’un soleil trop fort. A terme, on prévoit de densifier les grimpantes, notamment avec des kiwis. »

Les mares et l’usage de l’eau
« On prélève de l’eau dans les mares pendant deux mois à l’arrosoir, et on partage un puits avec la propriétaire du site. On a aussi installé des bacs pour récupérer les eaux de pluie de chaque bâtiment. Les années passées, cela ne nous a permis de tenir que jusqu’à mi-juillet, on cherche donc des solutions pour diminuer nos besoins ; l’expérimentation autour de la forêt jardin en découle en partie.»

Les jardins-forêts
« Une première parcelle de 300m2 correspond à la volonté initiale de notre groupe thématique de n’avoir que des essences de terroir. Mais avec l’évolution du climat, nous nous sommes dit qu’il faudrait peut-être dès maintenant essayer d’installer des espèces exotiques. Le groupe s’est formé à la Forêt Gourmande, dans le Morvan. Le don de la Fondation a permis de financer une partie de cette formation, les frais de gestion du projet et l’achat des arbres. Nous avons veillé à ce que certains puissent se bouturer ou que l’on puisse récupérer leurs semences, afin que ce lieu devienne également un lieu de partage et de ressources. »

 

 Planter le jardin-forêt

Avant de démarrer, Olivier, participant au groupe thématique, revient sur les atouts de la formation collective : une prise de recul sur l’aménagement de la première zone de « jardin-forêt » du site, une meilleure compréhension du contexte et une capacité à planifier le type d’essences à implanter et les étapes des travaux.

Outre la plantation des fruitiers, il faudra veiller à combattre les herbacées qui envahissent les arbres, à mettre en place ce que Fabrice Desjours appelle des plante « AFI » (Architecturales, Fertilisantes et Ingénieures) – des essences pionnières (aulnes, bouleau, chênes…) fixatrices d’azote, à croissance souvent rapide et qui permettront à l’espace forêt de se développer et s’enrichir… et qui, à terme, pourront être coupées pour laisser les fruitiers mieux se déployer. Les arbres à fort développement, comme les noyers, devront également être retirés. Autre besoin, auquel sera consacrée une prochaine rencontre : pailler la totalité du sol.

Les fruitiers sont déjà répartis sur la parcelle, conformément à un tracé défini au préalable. Le chantier se déroule sous la supervision d’Antoine Quélen, coordinateur « Projets » de l’association : décompactage du sol à la grelinette, préparation des trous, amendement du sol, pralinage des racines nues…

Deux heures suffiront au groupe projet pour planter l’intégralité des essences. Il faudra patienter dix ans avant qu’elles n’arrivent à pleine maturité.

 

L’association Le P.A.R.C propose des rendez-vous tous les premiers samedis du mois pendant le printemps et l’été 2022.

Rendez-vous sur son site pour consulter sa programmation : https://www.leparc.org/

Les fruitiers sont déjà répartis sur la parcelle, conformément à un tracé défini au préalable. Le chantier se déroule sous la supervision d’Antoine Quélen, coordinateur « Projets » de l’association : décompactage du sol à la grelinette, préparation des trous, amendement du sol, pralinage des racines nues…

Deux heures suffiront au groupe projet pour planter l’intégralité des essences. Il faudra patienter dix ans avant qu’elles n’arrivent à pleine maturité.

 

Les fruitiers sont déjà répartis sur la parcelle, conformément à un tracé défini au préalable. Le chantier se déroule sous la supervision d’Antoine Quélen, coordinateur « Projets » de l’association : décompactage du sol à la grelinette, préparation des trous, amendement du sol, pralinage des racines nues…

Deux heures suffiront au groupe projet pour planter l’intégralité des essences. Il faudra patienter dix ans avant qu’elles n’arrivent à pleine maturité.

 

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